Peindre conduit à interroger le statut particulier de toute représentation. Sommes-nous en présence d'une suite d'images singulières ou bien aux prises avec la même image, sans cesse re-présentée, seulement soumise aux changements de forme, de couleur, de lumière ou de perspective?
D'une enfance africaine me sont restés, je crois, le goût de la couleur, des pierres et de l’étendue. L'aridité du trait y trouve aussi quelque origine. Pure fiction ou objet d'un travail de mémoire, ces paysages s'affirment, dans l'après coup, comme une tentative de création ou de restitution d'un climat, d'une atmosphère. Espace qui laisse au spectateur la liberté d'organiser et de construire l'image à sa guise
Le choix parfois délibéré de petits formats porte à la confidence et à l'intimité - au plus intérieur - Il faut aller vers le tableau pour accommoder. C'est dans ce pas, dans cette avancée que nait la possibilité d'une rencontre.
M.E.

